Rechercher

Rejoindre les acteurs et les actrices de l’éducation ce jeudi

Hier, jeudi 4 avril 2019, les enseignant.e.s des écoles sont en grève. La mobilisation, on l’a vue samedi dernier, touche jusqu’aux familles des élèves ; elle est révélatrice d’un contexte tendu, mais aussi et surtout de l’absence de gestes d’apaisement de la part du ministre de l’Éducation nationale. Le passif de M. Blanquer est déjà lourd. Depuis deux ans, les réformes s’enchaînent, sans apporter de résultats satisfaisants. Au contraire, elles sont révélatrices d’un mépris chronique des métiers de l’enseignement. Imposer l’obligation des dictées par circulaire, brider la liberté pédagogique en s’appuyant exagérément sur les neurosciences, sont autant mauvais signaux successifs qui expliquent la crise actuelle. Le projet de loi voté par l’Assemblée nationale en février risque de bouleverser notre système éducatif. L’article 1, qui instaure un « devoir d’exemplarité » pour les enseignant.e.s, est à mettre en parallèle avec l’évaluation étroite des établissements scolaires mise en place dans l’article 9 : on nous parle d’une « école de la confiance », mais ce texte inaugure une ère de soupçon permanent. Au delà de l’image et de la considération des fonctionnaires de l’Éducation nationale, c’est le modèle de l’enseignement primaire dans son ensemble qui est remis en cause. Le fondement de notre modèle éducatif, c’est la fonction publique, la montée en compétences de professeur.e.s qui se forment tout au long de leur vie. Le projet de loi précarise l’enseignement en favorisant l’emploi de vacataires, moins bien rémunéré.e.s et moins expérimenté.e.s. C’est pourtant dans les territoires les moins attractifs qu’ils et elles sont aujourd’hui les plus nombreuses et nombreux. Réformer l’enseignement primaire est une gageure : cela ne consiste pas simplement à changer le nom des ESPE, ou à rendre obligatoire l’école à partir de trois ans, quand 97 % de cette classe d’âge la fréquente déjà. Au-delà de ces mesures cosmétiques et du bête détricotage du travail réalisé durant le mandat de François Hollande, les problèmes à régler sont nombreux : la montée des violences contre les enseignant.e.s, le manque d’effectifs et de ressources dans les territoires les plus fragiles, le fossé social qui s’élargit entre public et privé…autant de points que le projet de loi n’aborde pas ! Organisation d’éducation populaire, et attaché.e.s à la pérennité du modèle de l’école républicaine, les Jeunes socialistes s’associent aux grévistes et à tou·te·s les enseignant·e·s et parents d’élèves mobilisé.e.s contre le projet de loi pour l’école de la confiance. Nous saurons, aussi longtemps qu’il le faudra, les soutenir et être une force de proposition pour faire réellement progresser l’enseignement primaire en France.

0 vue

Suivre

Pour toute rectification, merci de nous contacter!